Catherine Legrand et LOUMA présentent

SO SCHNELL

Une énergie qui s’oppose au temps
fait vibrer les sens
et dit la joie subversive de danser
sans donner prise au fatal. 

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“LE CHARME DE CE GRAND TISSU D’ESPACE”

 
 
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 "Ainsi j’ai enfin osé m’attaquer à cette cantate bwv 26 de Jean-Sébastien Bach enregistrée dans une version chère à mon coeur depuis longtemps.

Guidé par le charme de ce grand tissu d’espace, porteur de lignes, de points et de contrepoints, j’ai inséré entre chaque mouvement des jeux sonores provenant de machines industrielles de bonneterie, ces rythmes et ces sons directement liés à mon enfance, à la petite entreprise textile familiale accolée à la maison.

J’ai préparé des pages de trames précises de construction chorégraphique, au service d’un vocabulaire soucieux d’énergie et d’exploration, l’expression d’une énergie contraire à tout prix, qui s’opposerait au temps, ferait vibrer les sens, dirait la joie presque subversive de danser sans donner prise, le moins du monde au fatal.”

Dominique Bagouet, 1990.

 

MISE EN SCENE 2020

 
 
Catherine Legrand,  © Caroline Ablain

Catherine Legrand, © Caroline Ablain

Begoña Garcia Navas. DR

Begoña Garcia Navas. DR

Thomas Poli, DR.

Thomas Poli, DR.

Cette pièce recèle de multiples joyaux d’écriture. La danse y est acharnée, vive, têtue, inventive, joueuse, enragée, fluide, belle, tenace.
C'est ce mouvement chorégraphique et musical dans toutes ses qualités que je veux faire résonner de nouveau.

J’ai écarté la scénographie d'origine, pour privilégier un travail de création lumière qui fait l'espace. pour mettre en avant l'écriture de la danse, le mouvement, l'architecture de l'espace chorégraphique par les corps. 

Pour la création lumière, j'ai invité Begoña Garcia Navas, éclairagiste collaboratrice de longue date de Philippe Decouflé. 

Pour le son et la composition bruitiste réalisée par Laurent Gachet, je confie le travail d’adaptation pour d’autres temporalités et qualités de son au musicien Thomas Poli, avec qui j’ai déjà collaboré pour Jours étranges.

Persiste évidemment la Cantate BWV26 de Jean-Sébastien Bach.


Catherine Legrand

 

Dominique Bagouet : Comment danse-t-on après ?

Les Idoles, Christophe Honoré, © Jean-Louis Fernandez

Les Idoles, Christophe Honoré, © Jean-Louis Fernandez

Le 9 décembre 1992, Dominique Bagouet meurt du sida à l’âge de quarante et un ans.

Jeune prodige de la danse, après avoir acquis les préceptes fondateurs, il ne peut se résoudre à reconduire la thématique du ballet classique – soit-elle refondue par Maurice Béjart, dont il s’éloigne rapidement.
Il y eut donc très vite un style Bagouet fait d’exigences, de nouveautés, de tendresse et d’attention au monde. 

L’Opéra de Paris lui rendit hommage en 1993, en invitant sa compagnie à danser ce So Schnell, oeuvre majeure, en prise avec la beauté et la mort, et dans laquelle se conciliaient l’enfance et l’âge adulte, déposés sur l’autel d’un monde qui découvrit, avec la danse contemporaine, de nouvelles vérités sur la poétique des corps. 

Tout près de nous, en 2018, Christophe Honoré écrit et met en scène Les Idoles qu’il introduit ainsi :

Je n’ai plus vingt ans. Aujourd’hui, j’aimerais évoquer ces jours étranges… Comment durant quelques années, ceux que j’avais choisis comme modèles pour ma vie, mes amours, mes idées se rangèrent tous du côté de la mort. Comment le Sida brûla mes idoles. Je n’ai plus vingt ans et j’aimerais faire un spectacle qui raconte le manque mais qui espère aussi transmettre. Un spectacle pour répondre à la question : Comment danse-t-on après ?